En toute impunité, l’armée du général Henri Namphy, lequel aurait gagné ses gallons sur le Champ-de-Mars, à défaut d’un Champ-de-Bataille, empêcha le 29 novembre 1987 l’établissement d’un vrai état de droit tant recherché aujourd’hui encore en Haïti… Si le «29 novembre 1987» n’avait pas eu lieu, comment serait l’Haïti d’aujourd’hui?

Cette armée dissoute en 1995, asservie et mise hors d’état de nuire par les Duvalier père et fils pendant 29 ans, d’un seul coup, à la merci des événements du 7 février 1986, s’était réveillée de sa léthargie et a pris goût au pouvoir en massacrant impunément une dizaine de paisibles citoyens à la Ruelle Vaillant, au matin du dimanche 29 novembre 1987.

Tout comme les 16, 17 et 18 juin 1957; les 29 et 30 septembre 1991, on ne saura peut-être jamais les nombres exacts de tués et d’estropiés qu’ont faits les Forces Armées d’Haïti (FAd’H) le 29 novembre 1987, dans leur souci de garder le statu quo, de maintenir le système. Mais à quelle fin?

Le seul crime commis par les votants, à l’instar des millions d’autres, il y a exactement 32 ans, c’est d’être munis d’ »un bulletin de vote en main« , pour donner à Haïti une nouvelle orientation politique en commun accord avec la jeune Constitution de mars 1987, fraîchement ratifiée. «Le Massacre de la Ruelle Vaillant» a complètement dérouté le pays plongé, selon plusieurs analystes, dans l’impunité et la corruption encore plus profondes qu’il ne l’était durant les 29 années de dictature des Duvalier avec leur VSN et Corps des Léopards.

Aussi difficile qu’il y parait de pronostiquer sur une probable émergence du pays, si «29 novembre 1987» n’avait pas eu lieu, aussi évident qu’il n’y parait, nous n’aurons pas aujourd’hui une armée qui n’existe que de nom, en dépit des efforts déployés pour sa reconstitution. Une armée sans une Académie militaire pour la formation de ses jeunes officiers aptes à servir valablement leur pays.

Chose paradoxale, les «événements de la Ruelle Vaillant» resteront sans nul doute les seuls gravés dans l’histoire, de l’après-7 Février 1986 où les votants ne furent pas, pour une fois, contraints ou priés d’aller déposer un bulletin dans l’urne moyennant payés 1000 Gourdes ou des promesses de minutes d’appels téléphoniques gratuits.

  • 29 NOVANM 1987 : Lame sanginè NAMPHY-REGALA tire sou yon pèp ki te gen yon bilten vòt nan men l kòm sèl zam li. Sa fè 32 zan. PÈP la pa janm jwenn jistis

Le président de la République M. Jovenel Moise, en revenant unilatéralement avec l’armée d’Haïti que l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, dans ses démagogies peu rassurantes, avait démobilisée par un simple décret, rapporté le 16 novembre 2017, devrait publiquement demander pardon pour l’atrocité des crimes et massacres commis par des militaires haïtiens, au fil des ans. Mais il se trouvait que M. Moïse, très bien à son aise pour être élu par moins d’un million d’ haïtiens, et avant même sa prestation de serment, était allé sympathiser en République Dominicaine avec le principal auteur du massacre du 29 novembre 1987 qui fut un sous-officier lors des «Vêpres de Jérémie» à côté de Williams Régala, rapporte-on.

«Vive les FAd’H», dans toute l’acception du terme, il faudrait être cynique pour composer avec une armée tuant comme à l’abattoir ses propres frères civils désarmés sans demander des comptes et envoyer devant une cour martiale les présumés coupables. Depuis la nuit d’antan, les FAd’H n’avaient pour mission essentielle, jusqu’à preuve du contraire, de veiller au grain, en serait-il aujourd’hui et demain encore. Nul ne sait le dénouement du jour.

En attendant, qui viendra donner justice à ces 14 disparus recensés et estropiés du 29 novembre 1987 ? Les Lavalas du temps que tout Port-au-Prince respirait selon leurs caprices, n’avaient cure des « 29 novembre » voire encore moins PHTK et alliés KID, Consortium… les zélés partisans de toute action anti-démocratique capable de les maintenir au pouvoir pour aussi longtemps que possible. Parlons d’acte anti-démocratique, nous nous referons à l’unanimité qui n’a pas été faite autour de la nécessité de remobilisation de l’armée, sans remonter aux faits et causes de sa paralysie.

Et si Maître Gérard Gourgue avait été choisi par un peuple assoiffé de liberté et de démocratie, comme président d’Haïti le 29 novembre 1987, nous retrouverions-nous aujourd’hui dans cette impasse koté tout voum sé do?

Et si le Massacre de la Ruelle Vaillant n’avait pas eu lieu, le pays allait-il toujours avoir à sa tête trois généraux usurpateurs de titre (Namphy-Avril-Cédras); un prêtre défroqué indexé d’être un homme riche aujourd’hui ; un boulanger inconnu transformé en homme d’état ayant liquidé des entreprises d’ Etat ; un PM parachuté depuis USA (Latortue) devenu étranger dans son pays; un musicien aux propos grivois frôlant l’indécence et publiquement connu et dénoncé pour ses verbaux harassements sexuels en Haïti; et encore moins un président indexé dans le rapport de la Cour des Comptes comme l’un des dilapidateurs des fonds de Petro Caribe et par-dessus tout, un usurpateur de titre prêt à faire revivre des multiples journées du genre 29 novembre 1987, mais cette fois-ci avec les forces de police qu’il a mis en coupes réglées?

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