Le Bureau des droits humains de l’Organisation des Nations unies (ONU) a fait part, ce vendredi 1er novembre 2019, de son inquiétude, concernant la situation socio-politique en Haïti et l’enlisement d’une crise, qui a causé la mort violente de 42 personnes, indique le système d’information des Nations unies, consulté par AlterPresse.

« Au moins 42 personnes sont mortes et 86 ont été blessées à la suite de l’escalade des tensions, depuis le début de la dernière vague de manifestations le 15 septembre dernier, selon des informations vérifiées par notre bureau », a déclaré, lors d’un point de presse, à Genève, l’Espagnole Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits humains (Hcdh).

Les services de la Haut-Commissaire Michelle Bachelet soulignent que la grande majorité des victimes ont été blessées par balles.

« Les rapports indiquent que les forces de sécurité sont responsables de 19 sur la quarantaine de décès, tandis que les autres ont été tués par des individus armés ou des auteurs inconnus », a ajouté la porte-parole.

Parmi les personnes tuées, figurait au moins un journaliste. Neuf autres journalistes ont été blessés et beaucoup auraient été menacés.

Dans ces conditions, le Haut-Commissariat a exhorté tous les acteurs à s’abstenir de cibler les journalistes et à respecter la liberté des médias de rendre compte de la situation.

Si l’agence onusienne s’est félicitée de l’ouverture d’enquêtes par l’Inspection générale de la Police nationale haïtienne sur les allégations de violations des droits humains, commises par la police, elle plaide, toutefois, pour une reddition des comptes.

« Nous soulignons que les enquêtes doivent être approfondies, transparentes et indépendantes, afin que les responsables des violations commises soient tenus de rendre compte de leurs actes », a insisté la porte-parole du Bureau des droits humains.

L’organisation internationale de défense des droits humains, Amnesty international, demande aux autorités haïtiennes de mettre fin au recours illégal à la force contre les manifestantes et manifestants, dans un communiqué, publié le 31 octobre 2019, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Amnesty international réclame, sans délai, une enquête approfondie et efficace sur des atteintes aux droits humains, commises par les autorités haïtiennes, sur le recours à une force excessive par les forces de sécurité sous le commandement du président Jovenel Moïse.

Le Haut-Commissariat de l’Onu aux droits humains s’est également dit préoccupé par les conséquences de ces manifestations sur le quotidien des Haïtiennes et Haïtiens, notamment leur impact sur la capacité des populations de faire valoir leurs droits fondamentaux en matière d’éducation, de santé, d’alimentation et autres besoins.

  • OUGAN ak MANBO yo antre nan BATAY la tou – JOUNAL KREYOL avèk LILIANE PIERRE-PAUL

Dans le domaine de l’éducation, l’ONU rappelle que, depuis le début de l’année scolaire, en septembre 2019, la plupart des enfants haïtiens n’ont pas pu aller à l’école.

De plus, souligne l’Onu, les barrages routiers et la violence ont fait que les populations, notamment dans les régions situées à l’extérieur de la capitale (Port-au-Prince), ont eu de graves difficultés à accéder à la nourriture, à l’eau potable, aux médicaments et au carburant.

Selon l’Onu, le secteur de la santé aurait été particulièrement touché, avec des pénuries d’électricité, de carburant, de fournitures et l’incapacité de nombreux membres du personnel médical à se rendre à leurs lieux de travail.

Devant une telle situation, les services de Mme Bachelet exhortent toutes les parties à éviter d’entraver le fonctionnement des hôpitaux et à faciliter l’accès aux soins de santé, ainsi que la fourniture, y compris par les voies humanitaires, de nourriture et de médicaments aux personnes détenues, aux orphelinats et aux autres groupes vulnérables, tels que les personnes vivant avec un handicap.

L’autre secteur touché est celui du système judiciaire. Avec la fermeture des institutions judiciaires et autres institutions publiques dans le pays, l’Onu redoute l’impact que cela aura notamment sur les groupes vulnérables.

L’Onu rappelle combien il est crucial que tous les acteurs prennent des mesures pour soutenir et promouvoir des solutions pacifiques aux nombreux griefs, qui ont conduit les Haïtiennes et Haïtiens à descendre dans la rue, à plusieurs reprises, au cours des 16 derniers mois.

Source : AlterPresse

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